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Traduit par Jean-Luc PININGRE
Parution le 04 mai 2017
304 pages



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"Des dieux sans pitié", diamant brut



Les personnages de Christos Tsiolkas vivent dans un monde bien dangereux. Dans son bestseller de 2009, La Gifle , l’auteur provoque d’un simple geste l’effondrement d’une banlieue tranquille. Dans son nouveau recueil, Des dieux sans pitié, qui rassemble ses plus belles nouvelles, les protagonistes découvrent tour à tour que leurs vies sont vouées à être brisées… Un regard au mauvais endroit, au mauvais moment, et notre existence est ravagée.


Le titre du recueil donne le ton… Encore et encore, ces histoires dépeignent une Australie dont les fondations reposent sur l’inadmissible, un endroit où d’indicibles hontes et de méconnues blessures sont tapies dans l’ombre. Parfois, les humiliations sont nommées : racisme, misogynie, homophobie… Le plus souvent, cependant, les personnages ressentent mais n’arrivent pas à dire leurs cicatrices – Tsiolkas évoque brillamment des états de rage brutaux, mais souvent insaisissables, entre douleur et confusion, et il nous amène très habilement à nous interroger sur l’origine des traumatismes.
Bien que la première nouvelle reprenne le mécanisme de La Gifle, l’éruption de la plus vile sauvagerie au cœur du plus policé des contextes, le recueil, dans son ensemble, représente une diversité multiculturelle de lieux, de classes et de perspectives. On voit le monde dans les yeux de touristes cultivés, de guides touristiques, d’exilés, de vieillards, de travailleurs sociaux, de prisonniers, de pères, de mères, de camionneurs, de couples lesbiens, d’homosexuels, d’hétérosexuels, d’homosexuels se faisant passer pour des hétérosexuels, de junkies, de fondamentalistes… Tous sont australiens, ou comment un mot renferme une infinie diversité.
Bien que ce soit aussi la violence de toutes ces histoires qui frappera à la première lecture et qui contribuera, sans aucun doute, à ériger Tsiolkas au rang de provocateur professionnel, ce qui fait de ce texte un recueil réussi, c’est qu’une nouvelle parle autant de courage ou de décence, que de rage primitive… On ne sait jamais où la prose de Tsiolkas va nous mener, et plutôt que la brutalité des propos, c’est cette subtile complexité du dénouement qui rend la découverte des Dieux sans pitié aussi passionnante que celle d’un roman. Certes le lecteur n’y verra pas une lecture de plage aisée mais bien la chance d’être provoqué et touché par un écrivain contemporain au sommet de son art.
 
Source : extraits, The Guardian

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