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Traduit par Eléonore BAKHTADZÉ
Parution le 05 mai 2011
800 pages



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Susan Fromberg Schaeffer, une plume troublante et intemporelle.



Depuis sa première publication en 1985 aux Presses de la Renaissance, Folie d’une femme séduite a été élevé au rang de livre-culte par une génération de lectrices. Un roman psychologique intense, d’une émotion poignante, une peinture inoubliable de l’obsession amoureuse à laquelle s’ajoute un incroyable portrait de femme du siècle dernier, une héroïne dont la passion destructrice n’est pas sans rappeler les personnages d’Emma Bovary ou de Tess d’Uberville. Épuisé depuis plusieurs années, les Éditions Belfond sont heureuses de faire redécouvrir au public français ce monument de la littérature féminine.


Née en 1941 à New York, diplômée de l'université de Chicago avec une thèse sur Vladimir Nabokov, poète, nouvelliste, romancière, professeur et journaliste, Susan Fromberg Schaeffer est considérée comme un auteur de tout premier rang dans la fiction américaine contemporaine. Son œuvre a été récompensée par de nombreux prix, parmi lesquels une sélection au National Book Award for Poetry. Collaboratrice régulière du New York Times Book Review, elle a enseigné pendant plus de trente ans la littérature américaine au Brooklyn College. Mariée et mère de deux enfants, Susan Fromberg Schaeffer vit aujourd'hui à Chicago.

Folie d’une femme séduite : un livre acclamé par les lectrices depuis près de trente ans ! Sources : © Amazon / Library Things / Guest Review
 
Depuis sa première publication aux États-Unis, en 1983, Folie d’une femme séduite a suscité un bouche-à-oreille sans précédent et des échos dithyrambiques dans la presse. Comme le prouvent les nombreux commentaires déposés sur le web, il n’aura fallu que peu d’années pour que ce roman soit élevé au rang de classique par tout une génération de lectrices. En voici quelques extraits :
 
« Lire la prose de Schaeffer est l’expérience d’une vie. Rendez-vous service et lisez ce roman ; passez-le à un ami, puis procurez-vous tous les livres qu’elle a écrits, démissionnez, et plongez dans la grande littérature ! »
17 juin 2003
 
« Il m’est impossible de décrire avec précision combien ce livre m’a touchée. Agnès est de ces personnages qui vous hantent, vous ne l’oublierez jamais. Un grand livre pour ceux qui recherchent une histoire aussi intense que marquante. »
23 février 1999
 
« Ce livre est fantastique ! Vous y verrez, toucherez et sentirez l’essence même de l’amour obsessionnel, et de la destruction qu’il peut engendrer. Lisez-le ! Le ton fait penser aux meilleures œuvres de Thomas Hardy. »
4 mai 2003
 
« Le style de ce livre est incroyable, l’histoire vous hante et joue avec vos émotions à la manière des montagnes russes. Chaque femme devrait le lire. Même si l’histoire se passe il y a plus d’un siècle, le thème est universel. »
17 juillet 2009
« La première fois que j’ai lu ce roman, c’était il y a dix ans. J’en avais seize. Aucun autre livre ne m’a autant marquée depuis. »  
30 janvier 2000
 
 « Cette histoire sombre et poignante est si intense, si réelle, si incroyablement touchante que j’ai dû mettre le livre de côté pour essuyer mes larmes. […] Alors que je pensais lire une histoire d’amour, cette peinture si complexe et détaillée de l’obsession m’a subjuguée. »
30 mars 2006
 
« En perpétuelle demande d’amour, combattant les valeurs de la société dans laquelle elle évolue, transformée en victime alors même qu’elle devient bourreau, Agnès Dempster est un personnage inoubliable. »
12 janvier 1998

Entretien
1. Quel livre a le plus influencé votre vie et votre parcours d’écrivain ?
J’ai bien peur qu’il me soit difficile de ne nommer qu’un seul livre. D’après moi, nos influences les plus fortes sont aussi les plus inconscientes. Nous ne saurions pas les définir. En fait, je dirais que tous livres que j’ai lus sont devenus pour moi de grands livres, qu’ils se sont insinués en moi pour me guider dans mes pensées et dans mon écriture. Certains d’entre eux, dont le souvenir demeure très prégnant, ont aussi marqué d’une façon toute particulière certaines époques de ma vie. […]
Petite, ma grand-mère m’offrait beaucoup de romans, souvent illustrés de gravures sinistres et menaçantes. Parmi eux, Jane Eyre et Les Hauts de Hurle-Vent. Deux  livres que je n’ai eu de cesse de lire et de relire. Mais ce sont certainement Les Hauts de Hurle-Vent qui m’ont le plus inspirée, et notamment dans ma façon de concevoir le « Grand Amour » – d’ailleurs, ma propre expérience du grand amour s’avèrera au moins aussi désastreuse que celle vécue par l’héroïne. Entre ma passion pour Barbe Bleue – LE livre de ma petite enfance – et celle pour Les Hauts de Hurle-Vent, j’étais assez mal engagée dans la vie. Et puis, il y a eu Autant emporte le vent, que j’ai découvert à 12 ans et que j’ai également lu un grand nombre de fois. 
Au collège, c’est devant un autre livre que suis tombée en adoration : Mrs Dalloway, dont le style et la forme tiennent, selon moi, du génie. Il y eut aussi Le Bon Soldat de Ford Maddox Ford, un roman si parfaitement écrit et construit qu’il fait immanquablement naître le désespoir en chaque aspirant écrivain. À cette liste, s’ajoutera Feu pâle de Vladimir Nabokov, un roman magnifique, anticonformiste. J’avouerais avoir longtemps caressé le rêve d’écrire quelque chose d’aussi exceptionnel, sans jamais réussir à y parvenir. 
Plus récemment, la découverte des Belles endormies de Yasunari Kawabata, m’a profondément bouleversée. Là, encore, un ouvrage aussi incroyable que désespérant de perfection. Peut-être le plus beau de tous. 
J’attends désormais le prochain « livre parfait », celui qui incarnera une nouvelle phase de ma vie…

2. Avez-vous des rituels d’écriture ? Par exemple, que peut-on trouver sur votre bureau lorsque vous écrivez ?
C’est toujours la même chose. Tout d’abord, je dois me sermonner pour me forcer à reprendre le chemin de mon bureau et me remettre au travail. Ensuite, j’entame la phase de « corruption/chantage » avec moi-même : « Si j’écris pendant tant d’heures, je pourrai : 1) aller au cinéma ; 2) me balader ; 3) appeler un ami en Angleterre ; 4) décompresser devant un programme télé bien abrutissant… » Les récompenses varient, mais l’objet du chantage demeure. 
Une fois bien assise à mon bureau, je passe le disque de la Musique du Livre. Dès que la musique joue, je me transforme aussitôt en chien de Pavlov : je relie mes notes et j’entame un nouveau chapitre. […]
Après une heure, je descends chercher ma Tenue d’Écrivain dans le sèche-linge. Si je n’étais pas parfois obligée de sortir de chez moi, je mettrais les mêmes vêtements, jour après jour, pendant toute la période de rédaction ! […]
Mon bureau, quant à lui, doit rester dépouillé. Je n’ai pas moins de six fenêtres dans la pièce, autant de sources de distraction vers l’extérieur. À une époque, j’avais posé un bracelet tressé sur mon imprimante. Un jour, je me suis dit qu’à le fixer aussi intensément lorsque j’écrivais, il avait sans doute fini par influencer mon roman. Depuis, j’ai décidé de faire de mon bureau un endroit neutre. Sans jamais vraiment y arriver. […] 
L’écriture est une activité si solitaire que les objets qui nous entourent deviennent soudain des compagnons. […] J’en garde donc certains précieusement à mes côtés, dont ma boule à neige, avec son paysage désolé et son petit bruit de huart si particulier. J’ai une fascination pour la neige, je dois le reconnaître ! Je peux passer des jours à la regarder tomber, sans jamais cesser de m’émerveiller de voir le monde changer sous mes yeux. Autant dire que ce globe neigeux est mis à rude épreuve lorsque je rencontre des soucis d’écriture. Surtout l’été. Je déteste la chaleur, et cette boule à neige me rappelle que, heureusement, l’hiver reviendra bientôt, et que mes problèmes, quels qu’ils soient, prendront fin également.
 
3. Quels conseils donneriez-vous à un jeune écrivain ?
Ne jamais renoncer ! Un roman encore non-publié finira peut-être pas le devenir, mais un manuscrit non-écrit le restera à jamais. Le monde est imprévisible, c’est comme ça. J’ai débuté par la poésie, mais, évidemment, ce sont les poèmes dont j’étais le moins fière qui ont été publiés. Et lorsque, après sept ans passés à écrire de la poésie, j’ai enfin décidé de passer à la fiction, tout le monde me mettait en garde : ne pas écrire sur l’Holocauste (« Il y a déjà bien trop de livres sur le sujet ») ; oublier les romans sur la Nouvelle-Angleterre au XIXe (« T’en as déjà fait pas mal »), et pas la peine de parler du Vietnam (« On n’en peut plus du Vietnam ! »). Bien entendu, ces sujets ont fait mes plus beaux succès !
Interview avec Susan Fromberg Schaeffer pour Barnes & Noble.com, en 2005.

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