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Traduit par Roxane AZIMI
Parution le 17 mars 2005
396 pages

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Succès en série pour Harlan Coben, le « boss » du thriller !



Harlan Coben surfe sur le succès d’Une chance de trop. À juste titre. Avec ce nouvel opus adapté de son livre éponyme, Juste un regard, le maître du polar renouvelle sa confiance à TF1 et renoue avec le plaisir de concocter des intrigues palpitantes et de jouer avec les nerfs des téléspectateurs. Rencontre avec celui que tout le monde surnomme « le boss ». 


Vous avez l'air confiant sur l'effet que la série va produire !
Ah oui, vraiment. Je pense que nous avons une intrigue très dense qui distille une vraie angoisse : une femme, qui a tout pour être heureuse, tombe par hasard sur une photo prise il y a vingt ans et voit sa vie et toutes ses certitudes basculer. J’ai hâte de connaître les réactions du public français !
 
Le casting est particulièrement soigné. Les acteurs vous ont-ils comblé ?
La distribution est vraiment excellente, nous avons sur le plateau des acteurs de grand talent. Virginie Ledoyen, dans le rôle principal, est remarquable. Je suis impatient que les téléspectateurs puissent l’apprécier dans un personnage plutôt atypique : une garde-chasse, mère de deux jeunes ados, à la fois chaleureuse, solide, très naturelle. Une femme résiliente...
 
Vous les connaissiez ?
Pour certains, comme Thierry Neuvic, qui a tourné sous la direction de Guillaume Canet dans Ne le dis à personne, et Thierry Frémont, oui. Cela fait partie de mon job de m'intéresser aux acteurs ! Je connaissais le parcours de Virginie, que j’avais vue, entre autres, dans La Plage. J’ai d’ailleurs dit à Sydney Gallonde, le producteur : « On devrait faire appel à cette comédienne car elle a un talent époustouflant. » Les rôles sont formidablement tenus ; j’ai pu le vérifier tous les jours quand je regardais les rushes au fur et à mesure sur mon ordinateur et les étudiais de près. Et j’étais vraiment satisfait du résultat.
 
Vous deviez être présent sur le tournage ?
Vous savez qu’on me surnomme « le boss » (rires). Alors, le boss doit être là. Les premiers jours, je voulais m’assurer que tout était sous contrôle. Je voulais rencontrer les acteurs qui étaient très impliqués. Je m’entretenais avec eux presque chaque jour.  Je voulais qu’ils puissent me joindre s’ils avaient une question à me poser. Ce qui est extraordinaire, c’est que j’ai senti la même énergie, le même enthousiasme du premier au dernier jour de tournage.  
 
Diriez-vous que vous avez mis la barre plus haut ?
Dans un sens, je dirais oui. On a épluché le script, changé des choses en permanence, réécrivant une phrase, un dialogue avec l'équipe. On avait passé de si bons moments à faire Une chance de trop avec Sydney que je voulais, pour cette deuxième collaboration, que tout soit parfait ! On voulait aussi repousser les limites du genre. Être différents. Plus inquiétants et plus perturbants encore !
 
Pourquoi avoir choisi Juste un regard et pas un autre de vos romans ?
Sydney et moi, nous avons décidé que c’était le bon moment pour adapter ce livre. Parce que le personnage central est une femme forte, très attirante, qui peut montrer de nombreuses facettes de sa personnalité. La plupart du temps, les thrillers mettent en scène une jolie femme en danger qu’un homme va secourir. Nous changeons un peu le schéma...
 
On retrouve un personnage récurrent dans plusieurs de vos livres.
Oui, Eric Wu – un Asiatique dans le roman –, que nous avons rebaptisé Toussaint. C’est un clin d’œil à ce personnage « détestable » dans plusieurs de mes livres. Pour l’interpréter, Sydney m’a proposé Jimmy Jean-Louis qui incarne parfaitement l’image glaçante que l’on se fait d’un « méchant », froid, dénué de tout sentiment. Les téléspectateurs l’ont sûrement vu dans la série Heroes. Il habite Los Angeles et il a bloqué trois mois de son temps pour tourner avec nous.  
 
Le rythme est très soutenu. On est sans cesse sur le qui-vive...
Il y a beaucoup de flash-backs. On peut ainsi voir les nombreux moments de la vie normale d'une famille. C'est probablement le roman plus difficile que j'aie eu à écrire car il y a plusieurs histoires en une seule. Il contient un nombre impressionnant de surprises ; un événement se produit et aussitôt un autre surgit. Lorsque vous croyez tout savoir, être arrivé au bout, un autre rebondissement vous attend. J’adore détourner les personnages de leur chemin.
 
Vous ménagez toujours quelques surprises !
C’est vrai. Les lecteurs du roman se souviennent peut-être de la photo découverte par l’héroïne sur laquelle figurent cinq personnes. Dans la série, quatre seulement apparaissent !
 
Dans Une chance de trop, vous faites une apparition, à l’instar d'Hitchcock. Vous verra-t-on dans Juste un regard ?
Peut-être en blouse verte dans un hôpital dans le sixième épisode !
 
Sydney Gallonde est heureux et fier du tandem que vous formez.
Mais il peut être fier. Nous formons un duo de bons partenaires. Nous avons visionné beaucoup de cassettes d’auditions ensemble, discuté du jeu des acteurs qui nous plaisaient. La plupart du temps, la télévision montre des caractères tout noirs ou tout blancs. Je souhaitais quelque chose de plus complexe, de plus subtil, avec plus de nuances et des personnages qui offrent de multiples visages. Tous les protagonistes ont quelque chose à cacher. Chacun d’entre eux a un secret. Et tous les secrets sont faits pour être révélés... dans l’épisode 6, chargé en rebondissements et en émotions !
 
Pourquoi avoir choisi le réalisateur Ludovic Colbeau-Justin ?
Parce que Ludovic avait déjà une solide expérience. J’avais demandé à Sydney de me conseiller un directeur d’acteurs qui soit doublé d’un excellent directeur photo. Je voulais soigner encore plus la qualité de l’image. Je suis non seulement heureux de surprendre les gens, mais aussi de découvrir des talents comme Ludovic.
 
Quel genre de partenaire a été TF1 ?
Un partenaire de confiance. Ils nous ont laissé faire le film qu’on avait en tête. Toute l’équipe nous a donné à nouveau carte blanche. Tous ont partagé notre vision des choses. Exactement comme pour Une chance de trop. C’est grâce à TF1 que 9 millions de téléspectateurs l’ont regardée. C’est un sentiment délicieux, croyez-moi ! Le but d’un auteur, c’est avant tout de toucher les gens. Plus les gens sont émus et même inquiétés par mes histoires, plus je suis content !
 
Vous connaissez le proverbe, « Jamais deux sans trois ». On peut s’attendre à d’autres aventures avec TF1 ?
J’aimerais beaucoup. C’est excitant de se dire qu’on va essayer de faire encore mieux que la fois précédente !
 
Vous aimez la France et elle vous le rend bien !
J’ai un lien particulier avec les Français. C’est là que j’ai eu les plus beaux succès. Le public français a plébiscité le livre Une chance de trop plus que dans n’importe quel autre pays. J’en suis très flatté. Si ça, ça ne vous rend pas enthousiaste, confiant et heureux, alors cherchez un autre job !
Les Français sont plus sensibles à la passion et aux émotions – bonnes ou mauvaises – qui les submergent dans leur vie de tous les jours. Flaubert le décrivait très bien en brossant le portrait de la bourgeoisie française, avec beaucoup de violence parfois. Chez vous, tous les sentiments sont exacerbés : les hauts sont très hauts et les bas très bas.
Et puis, votre nourriture est la meilleure. Et, si ça se trouve, l’amour est mieux chez vous aussi !
 
Et vous ne parlez toujours pas notre langue !
Non, je suis trop vieux pour apprendre mais je comprends – presque – tout ! J’aime être en France mais je ne peux pas m’y installer. Ma vie est dans le New Jersey avec ma femme et nos quatre enfants. Une vie tout à fait normale, comme beaucoup d’auteurs de polars de ma connaissance qui écrivent des histoires angoissantes. Ça ne les empêche pas d’être des types sympas ! (rires)
 
Propos recueillis par Isabelle Gaudon/TF1

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