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Traduit par Catherine GIBERT
Parution le 12 janvier 2017
480 pages



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Jade Chang, Les Wang contre le monde entier



C’est en quittant la soirée de lancement de la tour Trump de Dubaï, à Bel-Air, en Californie, que le premier roman de Jade Chang est né. « J’attendais que ma bonne vieille Mitsubishi émerge d’une marée de Bentley, d’une marée d’excès », se rappelle-t-elle.

Parce qu’elle était journaliste et parce qu’elle travaillait pour un magazine de luxe, Jade Chang avait été conviée à l’événement. Sur le chemin du retour, elle s’est tournée vers son ami et lui a dit : « Tout va s’effondrer ». « Je me rappelle avoir pensé : il y a une autre histoire, ici, que je veux vraiment raconter. Une histoire qui débuterait alors que tout serait sur le point de changer. Je voulais écrire sur la fracture, mais je voulais aussi écrire une histoire sur l’immigration, différente de ce tout ce que j’avais pu lire sur le sujet. »
Quinze jours plus tard, Lehman Brothers s’est déclaré en faillite, forçant les États-Unis à affronter sa descente aux enfers dans la récession.
 
Jade Chang, qui habite et qui travaillait, jusqu’à récemment, comme journaliste à Los Angeles, se dit à la fois « 100 % chinoise, 100 % américaine, 100 % asiatique ». Et bien que son roman ne soit pas autobiographique, l’histoire des Wang reflète celle de sa famille. Jade Chang, aînée de la fratrie, est née en 1976 dans l’Ohio ; ses parents, tous les deux Chinois, se sont rencontrés aux États-Unis, alors qu’ils étaient étudiants dans l’enseignement supérieur. Leurs familles possédaient des terres en Chine, qu’elles ont perdues sous le régime communiste. « Ils ont du fuir le pays, comme tant d’autres gens. Ils ont grandi à Taïwan, qui a tout simplement été colonisé : seul le mandarin pouvait être parlé. Et beaucoup de taïwanaises étaient cuisinières ou nourrices. »
Chez Jade Chang, on parlait le mandarin, et l’auteur a pimenté les dialogues de son roman grâce à des phrases « chinoises », retranscrites dans l’alphabet latin. « Je voulais que le lecteur puisse réellement être dans la voiture avec la famille Wang, qu’il ressente la manière dont les personnages pourraient parler. Je voulais qu’il soit capable de sonder les mots. »
Elle est intriguée que certains aient pu trouver les dialogues chinois « déstabilisants ». Comme elle l’explique, son roman est fait de différentes langues, accessibles ou pas. La fille aînée de Charles, Saina, est une artiste, véritable provocatrice, qui a beaucoup souffert, suite à la mauvaise réception d’une de ses œuvres. « Si vous êtes familier avec le monde de l’art ou bien avec le monde de la mode ou encore avec celui de la finance, vous aurez une compréhension différente de l’histoire. Tous les personnages doivent apprendre à se comprendre les uns les autres. »
 
Comme le protagoniste du roman Moi contre les États-Unis d'Amérique de Paul Beatty, les Wang sont de Los Angeles. « J’aime à dire que Les Wang contre le monde entier, c’est Moi contre les États-Unis d'Amérique qui rencontre Little Miss Sunshine, c’est un livre drôle, mais c’est aussi un livre qui est spirituellement juste. Il serait facile de situer mon roman entre Les Corrections de Franzen et Crazy Rich à Singapour de Kevin Kwan, mais dans l’intention et surtout émotionnellement, ce n’est pas réellement ça. »
 
Extraits de l’article https://www.theguardian.com/books/2016/dec/22/jade-chang-first-book-the-wangs-vs-the-world, The Guardian

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