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Parution le 12 janvier 2017
224 pages



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L’interview « Saint-Valentin » d’Isabelle Desesquelles.



Le titre de votre roman est une incroyable promesse et ne laisse personne indifférent. Comment vous est-il venu et que dit-il de cette histoire ?
Ce titre, alors même que je n’avais pas écrit encore une ligne de mon roman, s’est imposé, il m’a réclamé de raconter son histoire, et je me suis lancée à sa poursuite, lui ai inventé des amoureux, Rosalie Sauvage et Alexandre. Il a donné au livre un ton volontiers provocateur et amusé, une malice. Il incarne aussi un désir, et pas forcément le désir comme on pourrait le supposer, un désir du désir.  Pas celui de la conquête, et de l’assouvissement, plutôt celui d’un saisissement. Ce que je souhaitais écrire, ce sont deux intensités qui se choisissent et se reconnaissent. Rosalie Sauvage et Alexandre font le choix de l’absolu, c’est le cœur du livre. Elle, de façon instinctive et lui, parce qu’il est depuis toujours sur des rails, ceux de l’absolu. Ce qui leur manque à chacun, c’est l’autre. On veut qu’ils se rencontrent et on attend qu’ils se retrouvent, qu’ils deviennent ce qu’ils doivent être. C’est un livre qui croit au mystère de la rencontre, à ce que la vie a d’éminemment romanesque.
 
Vous croyez donc que l’absolu est possible en amour, dans la réalité et pas seulement dans les films ?
Bien sûr. Je crois à La femme d’à côté ou à la Catherine de Jules et Jim, si on prend des héroïnes chères à François Truffaut. Je crois à l’amour tous les jours et pas seulement un jour ! Dans un monde en mutation jusque dans les pratiques amoureuses avec l’arrivée des applis de rencontre, je voulais écrire la possibilité de l’amour, interroger le verbe aimer et l’explorer. Et pas seulement au début d’une histoire d’amour, à tous moments de ce qu’est la vie d’un amour. De l’exaltation fébrile des commencements à son cortège d’impasses, de doutes, parfois de trahisons. Les mots fidélité, plaisir, engagement sont particulièrement élastiques et j’ai tiré dessus, voir jusqu’où sans que ça casse.
 
Alexandre, qui possède le Rosebud, une petite salle d’art et d’essai fondée par son père, est – comme vous –  un amoureux fou du cinéma et a grandi avec toutes ces actrices sur grand écran, Gene Tierney, Ingrid Bergman, Ava Gardner… Peut-on selon vous apprendre ce qu’est l’amour grâce au cinéma ou à la littérature ?
Je fais partie de ceux que la littérature, les films ont élevés, pour ne pas dire sauvés. Ils sont une réponse à une intensité naturelle, et aussi un aiguillon à cette intensité ; les films, les livres la ravivent et ils contrecarrent le désenchantement intrinsèque à l’existence. À regarder en boucle tous ces chefs-d’œuvre, Alexandre décide de croire à une vie en Technicolor et en Cinemascope, bien plus que sur une tablette ou un Iphone. Cela en fait un être singulier, solitaire mais entier, et qui ne décevrait pas l’enfant qu’il a été. La lecture de grands textes, les œuvres quelles soient peintures, musique, un paysage encore sauvage, elles sont un horizon, une Invitation au voyage comme l’a écrit Baudelaire, « là tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté. » Alors oui, l’amour fait son sel de la fréquentation des films et des livres. Confronté à l’influence des sentiments sur le destin des personnages et sur ce qu’ils vont découvrir d’eux, on se découvre soi. 
 
Quels films conseilleriez-vous à de jeunes amoureux pour la Saint- Valentin ?
Tous ceux cités dans mon roman sont un viatique pour aimer !
Le plus emblématique ? Elle et lui de Léo Mac Carey.
Le plus envoûtant ? L’aventure de madame Muir de Joseph Mankiewicz.
Le plus pénétrant ? Brève rencontre de David Lean.
Et le plus fougueux : Le dernier des Mohicans de Michael Man.
J’ai été chercher, je dirai, une écume de l’amour dans une quarantaine de films de chevet qui m’ont accompagnée depuis des décennies. Qu’on en juge sur ces mots d’un film de 1958 de Douglas Sirk : « Vous êtes plus belle à chaque fois que je vous vois. Seulement cette fois, vous ressemblez à la prochaine fois. » Ça dit tout, non ? C’est Le Temps d’aimer et le Temps de mourir.

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