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Parution le 15 juin 2017
320 pages



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Questions à François-Xavier Dillard

A l’occasion de la parution de son roman "Ne dis rien à papa"

Belfond : Votre nouveau roman Ne dis rien à papa est un thriller psychologique qui reprend un fait-divers terrifiant. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce choix ? Comment en avez-vous entendu parler ?
 
François-Xavier Dillard : Ce n’est pas tout à fait ça. Dans ce roman je ne reprends pas, à proprement parler, un fait-divers, comme je l’avais fait pour Fais-le pour maman. Disons que je m’inspire de plusieurs histoires de famille plutôt épouvantables.
Je ne peux pas dévoiler le fond de l’histoire mais je me suis intéressé à la capacité qu’on eu certaines personnes à reconstruire leur vie après un drame, à oublier l’inoubliable, à se pardonner l’impardonnable. Même si je pense que cela nécessite d’être atteint de pathologies plutôt lourdes. Bien sûr quand je construis mon histoire autour d’un ou plusieurs faits divers je m’intéresse plus aux conséquences des actes qu’aux actes eux-mêmes. Des conséquences souvent effroyables pour les victimes comme pour les bourreaux. Même longtemps après les faits.
 
Belfond : Vous semblez vouloir explorer les dysfonctionnements familiaux, les secrets et les travers de chacun au sein de la cellule familiale, qui peuvent se muer en terribles évènements… Trouvez-vous ce terrain familial particulièrement propice à l’écriture ?
 
F.-X. D. : « Familles je vous hais ». J’ai mis en exergue une autre phase de Gide que celle-là mais elle aurait tout à fait pu faire l’affaire. La famille est un terrain de jeu formidable pour un auteur de thriller. Elle cristallise les peurs les plus profondes, elle tait les secrets les plus intimes, elle exacerbe les haines les plus froides, les jalousies les plus pitoyables. L’affaire Gregory dont on parle à nouveau depuis quelques semaines en est un exemple saisissant. Pourtant on peut aussi écrire de belles choses sur la famille… mais c’est moins drôle. Surtout quand on est issu, comme moi, d’une famille plutôt équilibrée et aimante… a priori.

François-Xavier Dillard

 



« La famille est un terrain de jeu
formidable pour un auteur de thriller. »




 
Belfond : Il y a aussi un aspect un peu « atavique » à votre histoire, au sens où certains travers semblent être hérités de parents aux enfants sur plusieurs générations dans votre roman… Pensez-vous que le crime soit transmissible ?
 
F.-X. D. : Oui. Je suis par exemple arrivé à un âge où je sais que je ressemble de plus en plus à mon père. Je me vois avoir les mêmes attitudes, les mêmes exaspérations. Je fais des choses qui m’énervaient profondément quand mon père les faisait…  mais mon père n’est pas un criminel et il y a aussi des choses que j’admire chez lui et que je suis fier de reproduire donc c’est moins grave. Ce que je crois sincèrement c’est que des traumatismes aussi graves que ceux que je décris dans mes livres peuvent hanter des familles sur plusieurs générations. Je crois aussi qu’il y a des gènes de la folie comme il y a des gènes de l’intelligence mathématique ou de la facilité artistique. C’est juste une question de chance… ou pas.
 
Belfond : Après avoir écrit Austerlitz 10.5 l’an dernier, vous semblez être « revenu » au thriller psychologique qui vous avait valu le succès avec Fais-le pour maman (le roman vient d’ailleurs de recevoir en mars le prix Polar Pocket !). Même le titre de votre nouveau roman s’en rapproche… Cette proximité des deux livres est-elle un hasard ou est-elle voulue ? Que pouvez-vous dire à vos lecteurs qui ont aimé Fais-le pour maman ?
 
F.-X. D. : Qu’ils vont adorer Ne dis rien à papa ! Bien sûr que le titre est un clin d’œil à Fais-le pour maman, qui a rencontré un large public. Mais ce n’est pas une suite, j’ai voulu simplement explorer d’autres aspects encore plus sombres de la famille et de l’âme humaine. J’ai voulu tenter de comprendre l’incompréhensible, j’ai voulu mesurer l’amour d’un enfant pour sa mère, expliquer comment cet amour peut tout dépasser, tout pardonner… J’ai souhaité aussi décrire ce que silence et incommunicabilité peuvent détruire, de manière pernicieuse dans une relation de couple. Il y a certainement encore plus de violence dans ce livre que dans tous ceux que j’ai écrits mais je crois que tout est justifié par mes héros. C’est ça le plaisir d’écrire, rendre l’insoutenable et l’inimaginable crédibles et réalistes, justifier l’injustifiable, amener le lecteur à comprendre et parfois même à pardonner les crimes les plus odieux. Quand on arrive à ce résultat on ressent, en tant qu’auteur, une véritable satisfaction. Même si elle un peu amorale. Mais je ne suis pas moraliste, j’écris des thrillers…
 
Belfond : Un autre projet en tête ?
 
F.-X. D. : Plus qu’en tête, en écriture ! Et je peux d’ores et déjà vous dire que ce livre va être absolument cauchemardesque…. 
 
Belfond : Merci pour vos réponses !

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