Encore jamais publié en France, Belfond offre aux fans de Harlan Coben, et à tous les amateurs du genre, une plongée dans l’univers angoissant de l’auteur de Ne le dis à personne. Attention, plus qu’un roman, ce livre est un collector !
Écrit à la fin des années 1980 – alors que l’auteur n’avait qu’une vingtaine d’années –, Sans un adieu paraît pour la première fois aux États-Unis en 1990. Épuisé depuis plus de quinze ans, le premier roman de Harlan Coben connaît un nouveau lancement cette année. La presse est unanime quant à la qualité de cet ouvrage dans lequel on retrouve tout ce qui fait la marque de Coben : un machiavélisme déroutant, une galerie de personnages finement brossés, des fausses pistes qui s’entremêlent autour d’une intrigue parfaitement construite… En somme, un ouvrage qui révèle un don rare et une maîtrise du suspense extraordinaire chez un si jeune auteur, une facilité à « agripper [le] lecteur et [à] l’empêcher de lâcher son livre avant la fin » (Kirkus Reviews).
Laura Ayars et David Baskin, l’ancien top model et la superstar de l’équipe de basket des Celtics. Pour leur lune de miel, ce jeune couple béni des dieux s’envole pour Australie. Un voyage dont David ne reviendra jamais. Il suffit que Laura s’éloigne quelques heures pour que le jeune homme disparaisse, ne laissant qu’un simple mot derrière lui : « Je suis parti nager. N’oublie jamais que je t’aime… » Accident ? Meurtre ? Suicide ? Laura se lance dans l’enquête et découvre bientôt des secrets vieux de trente ans, que ses proches ont tout fait pour enfouir… Quand le passé menace de ressurgir, un tueur tapi dans l’ombre est prêt à tout pour empêcher la vérité d’éclater.
Entretien
1. Vous avez écrit Sans un adieu il y a plus de vingt ans. Quels souvenirs conservez-vous de l’écriture de ce roman ?
Écrire un livre, c’est un peu comme avoir un enfant : la douleur passée on se sent finalement capable d’en faire un autre. Comme pour bon nombre de mes romans – et ce fut le cas notamment pour Ne le dis à personne –, mon but était d’écrire une incroyable love story que je transformerais ensuite en une histoire cauchemardesque. À vous de me dire si j’ai réussi.
2. Pensez-vous que ce livre a bien vieilli ? Y a-t-il un passage dont vous êtes particulièrement fier ? Avec le recul, aimeriez-vous changer quelque chose à Sans un adieu ?
J’ai écrit une lettre que j’ai fait intégrer au début du livre, dans laquelle j’explique que je n’ai pas relu Sans un adieu depuis au moins quinze ans. Voire davantage. Je n’ai donc pas d’idée quant à la manière dont ce livre a vieilli. Sans doute y a-t-il des choses que j’aurais souhaité changer – il y en a forcément. Mais je ne changerai rien. C’est un peu comme un instantané de l’écrivain que j’étais avant. J’assume. Sinon, j’avoue être assez fier des revirements de situation de l’histoire et, finalement, de l’aspect un peu brut du roman. Je me souviens du dénouement et je me dis que, oui, ça me correspond bien. D’ailleurs je parie que vous allez écraser une larme ou deux.
3. Dans quelle mesure Sans un adieu annonce-t-il vos autres romans, entre autres Innocent et Juste un regard ?
L’écriture est l’une des rares activités où la quantité produit inévitablement de la qualité. J’ai reçu un nombre incroyable d’e-mails de lecteurs me disant que Sans un adieu était peut-être mon meilleur roman. Certains verraient là un bon signe, mais, comme la plupart des écrivains, j’aime à croire que je me suis amélioré depuis toutes ces années. Pour apprendre à écrire un roman, il faut écrire un roman. Faire une pause. Puis écrire un autre roman, et encore un autre. Ainsi vous êtes sûr de vous améliorer.
C’est drôle que vous fassiez justement référence à Juste un regard et Innocent : ce sont deux histoires d’amour. Juste un regard est l’histoire d’un couple bien installé avec des enfants. Le couple de Innocent est plus proche de David et Laura dans Sans un adieu : des jeunes tourtereaux qui se lancent tête baissée dans la vie.
4. Dans Sans un adieu, David Baskin, votre personnage principal, met en scène sa propre mort. Aujourd’hui, à l’heure du tout-technologique, ce genre de mise en scène serait plus difficile à réaliser. Quels seraient vos trois conseils pour aider quelqu’un à disparaître ?
Oh, je ne pense que ce soit si difficile aujourd’hui. La technologie moderne donne autant qu’elle reprend. Et Internet est aussi un moyen de rester anonyme. Pour ce qui est des conseils, je me les réserve pour mes romans. Je ne veux pas prendre le risque de perdre mes lecteurs.
5. Vos personnages mènent une vie plutôt glamour (d’un côté un top model, de l’autre un grand sportif). Toutefois, votre roman dévoile la rançon de leur gloire. Était-ce difficile pour vous d’inventer des problèmes dans une vie si parfaite, ou bien est-ce venu naturellement ?
Tout d’abord, rien dans l’écriture ne me vient « naturellement ». Nada. Pas le moindre truc. Mais en fait non, ce n’était pas vraiment dur d’imaginer que des personnes qui semblent mener une vie parfaite rencontrent des difficultés. Les personnes sont des personnes, les problèmes sont des problèmes. Et aucun ne peut prétendre y échapper.
6. Sur quoi travaillez-vous en ce moment ? Pouvez-vous en dire quelques mots à vos fans ?
Je poursuis ma série sur Myron Bolitar. Le prochain opus, Live Wire, sortira en mars 2011 [aux États-Unis, et en 2012 en France]. Je peux vous dire ceci : ça concernera la famille de Myron. Et une dernière chose très importante : Myron est fiancé. Chut ! Je n’en dévoilerai pas davantage.
Extrait de www.rtbookreviews.com