Jenni Mills a grandi à Birmingham et vit aujourd’hui à Bristol. À l’issue de ses études à l’université du Sussex, elle devient animatrice radio à la BBC et réalisatrice pour la télévision. Ses émissions abordent diverses questions de société et traitent notamment des troubles de l’adolescence. Passionnée d’archéologie, elle réalise également des reportages sur les fouilles archéologiques et l’histoire.
Après avoir travaillé plus de trente ans dans l’audiovisuel, elle décide toutefois de quitter le monde des médias pour se consacrer à l’écriture, suite à un cancer. Elle prend alors des cours de création littéraire à l’université de Bath, où elle enseigne aujourd’hui, et entame la rédaction de son premier roman, Le Murmure des pierres.
Entretien avec Jenni Mills.
Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire ?
La maladie, et la mort d’une de mes collègues et amies. Cela m’a fait prendre conscience que si j’avais envie de réaliser mon rêve d’écrire un roman, je n’avais plus de temps à perdre. Je me suis donc inscrite en cours de création littéraire à l’université de Bath, et à la fin de l’année scolaire, mon texte a été choisi pour figurer en ouverture du livre de notre classe. J’avais écrit le premier chapitre du Murmure des pierres.
L’écriture de ce premier roman a-t-elle été difficile ?
En réalité, je n’étais pas trop intimidée à l’idée d’écrire un roman. Après avoir travaillé à la télévision et à la radio, j’avais l’habitude d’écrire. Mais il y eut des moments terribles bien sûr, où je me disais : « Oh non, je ne peux plus avancer, le cœur de mon enfant a cessé de battre. » C’est dans ces moments que j’ai pu apprécier le soutien de mes camarades de l’université. Quand quelqu’un lit ce que vous avez écrit et vous annonce : « J’aime », vous vous sentez à nouveau une force incroyable.
Quel a été le moment le plus émouvant de toute cette aventure ?
Quand j’ai tenu le livre pour la toute première fois dans mes mains. C’était mon bébé ! Je crois que pour les femmes qui écrivent et qui n’ont pas d’enfants comme moi, le livre devient vraiment votre enfant : vous avez donné naissance à quelque chose.
Décrivez-nous en quelques mots votre roman ?
Le Murmure des pierres est un roman psychologique à suspense qui alterne entre les années 1970 et nos jours pour évoquer les secrets prêts à ressurgir des grottes de calcaire situées sous la ville de Bath, en Angleterre.
Ingénieur réputée, Kit Parry a passé la moitié de sa vie à tenter d’oublier le drame survenu lors de cet étouffant été de ses quatorze ans. Pourtant, au fond d’elle-même, elle sait qu’en acceptant cette mission dans les carrières de sa ville natale, elle risque de se retrouver face à des secrets qu’elle croyait profondément enfouis…
En attendant, Kit a d’autres chats à fouetter : son ex-mari lui réclame de l’argent, sa nouvelle équipe ne lui réserve pas le meilleur accueil et une voix anonyme lui fait clairement comprendre qu’elle aurait intérêt à quitter la ville au plus vite. Sans compter que son idylle naissante avec Gary, le contremaître, réveille de douloureux souvenirs.
Alors que les tunnels sous la vieille cité de Bath s’apprêtent à livrer une extraordinaire découverte archéologique, Kit va devoir plonger dans le labyrinthe de son propre passé pour affronter enfin la mémoire des terribles événements qui ont marqué son adolescence…
Pourquoi avoir choisi la ville de Bath comme décor de votre livre ?
J'ai toujours su que j’allais planter le décor de mon roman dans les environs de Bath, parce que les paysages y sont étranges et fascinants à la fois. Il y a effectivement des grottes de calcaire sous la ville, mais il est devenu impossible d’y accéder. Lors de mes recherches pour ce roman, j’ai donc exploré des gisements similaires dans le Wiltshire, et j’ai emprunté beaucoup de leurs histoires aux gens qui ont grandi dans ces lieux.
Auriez-vous des anecdotes à nous raconter sur l’écriture de ce livre ?
La scène où Kit regarde Gary déplacer un énorme bloc de pierre à l’aide d’un monte-charge souterrain est inspirée d’un incident qui s’est produit lors d’une de mes visites de carrières. Tous les hommes se sont mis à discuter des spécificités techniques de la machine. Pendant que les femmes s’extasiaient sur le caractère sexy de l’opération !
Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?
J’ai entamé la rédaction de mon second roman. J’ai dû trouver l’intrigue en une matinée, car mes éditeurs voulaient savoir quel en serait le sujet. Je leur ai donc dit que j’allais écrire sur les paysages hantés d’Avebury : trois générations de femmes, des rites, du sexe et de la magie… Les éditeurs adorent ce genre de choses – et maintenant je me retrouve obligée d’écrire là-dessus !
Comment envisagez-vous votre avenir d’écrivain ?
J’espère que c’est le début d’une longue carrière ! Je pense que je vais continuer à écrire des romans à suspense parce que j’adore le suspense. J’aime écrire des romans où une intrigue serpentine et haletante entraîne progressivement le lecteur vers des révélations que j’espère imprévisibles.
Comment donneriez-vous envie de lire Le Murmure des pierres ?
Je commence à comprendre que ce qu’on aime dans mon livre, c’est qu’on en tourne frénétiquement les pages. Si vous aimez les livres impossibles à lâcher, lisez mon livre : c’est tout à fait ce qui le définit, sans prétention aucune !