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Roberto Arlt, le « soleil noir des bas-fonds de Buenos Aires » |
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Texte : V. Cardi l Photo : © D.R. |
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Incontournable en cette rentrée littéraire : la redécouverte du chef d’œuvre d’un des plus grands écrivains argentins du XXe siècle, Les Sept Fous de Roberto Arlt. Dans le Buenos Aires des années 1930, le destin d’un homme qui, confronté à l’humiliation, la violence et la misère, cherche une échappatoire dans le rêve et la folie. Rencontre avec un romancier culte, « rival » de Borges, dans la lignée d’Ernesto Sabato, salué par Cortázar et Onetti. Une figure culte des lettres argentines qui surgit dans le sillage de ses pairs « comme un soleil noir des bas-fonds de Buenos Aires » (André Clavel, Lire). |
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Fils d’un émigrant prussien et d’une mère italienne, Roberto Arlt est né à Buenos Aires en 1900 et mort prématurément d’une crise cardiaque en 1942. Ouvrier, inventeur raté, journaliste, écrivain hanté par sa jeunesse malheureuse, souffrant toute sa vie du manque d’argent, il ne cessera de décrire à travers son œuvre les abîmes de l’être humain asservi à la ville. Avec Les Lance-flammes (à paraître), Les Sept Fous (Belfond, 2010) forment un diptyque considéré comme son chef-d’œuvre.
Reconnu comme « le » roman du Buenos Aires des années trente, porté par une écriture en uppercut, qui rapproche la langue écrite de celle de la rue, Les Sept Fous ont fait de Roberto Arlt un des auteurs majeurs de la littérature latino-américaine du XXe siècle, une sorte d’étrange génie salué par ses contemporains comme Juan Carlos Onetti :
« Si jamais un habitant de Buenos Aires est parvenu à s’approcher de la génialité littéraire, il portrait le nom de Roberto Arlt. Je ne sais pas s’il était un ange, un farceur ou un fils de pute. Sans doute les trois choses à la fois. C’était un fou. »
Lors de sa première publication en France par Belfond en 1981, le roman a été accueilli par une presse unanime, du Monde qui saluait une « vision pessimiste, amère, qui se révéla prophétique » à Libération qui reconnaissait en Arlt un auteur « absolument moderne ». Aujourd’hui encore, la réédition de « ce météore qui, sur un air de bandonéon, donna le signal de la révolution littéraire dans l’Argentine des années 1930 » (André Clavel, Lire) suscite l’enthousiasme de la critique qui érige Les Sept Fous au rang de « classique sauvage », à tel point ce roman désormais culte fit l’effet d’une « bombe dans le subtil salon transatlantique des lettres argentines » (Philippe Lançon, Libération), lancée par un écrivain de 29 ans à peine.
Une reconnaissance critique posthume pour un auteur qui avait pris toutefois comme « première mesure de n’envoyer aucun ouvrage de [lui] au service de critique littéraire des journaux » : « Ce temps-là est révolu. L’avenir est à nous : c’est le travail qui l’emportera. Nous créerons notre littérature, non pas en parlant continuellement de littérature, mais en écrivant dans une orgueilleuse solitude des livres qui auront la violence d’un “cross” à la mâchoire. »
Violente, explosive et radicalement novatrice, l’écriture de Roberto Arlt aura marqué son temps par son impérieuse nécessité : « Quand on a quelque chose à dire, on écrit n’importe où. Sur un rouleau de papier, dans une cellule infernale. Dieu ou le Diable sont à côté de vous pour vous dicter des mots ineffables. » (Préface aux Lance-flammes, à paraître aux éditions Belfond). |
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Le livre de l’auteur :
Les Sept Fous
> Ecole d'Arlt.
Réédition des Sept Fous, classique argentin qui fit exploser la langue écrite en la rapprochant de celle de la rue.
Par Philippe Lançon pour Libération du 26 septembre 2010
Lire la suite
> Sombres héros argentins.
La réédition des Sept Fous de Roberto Arlt est prétexte à une rencontre avec la faune urbaine de Buenos Aires.
Par André Clavel pour Lire de septembre 2010
Lire la suite
> Roberto Arlt, lumière des bas-fonds.
Conspué par ses pairs puis oublié, le romancier et journaliste argentin au coeur d'une révolution littéraire est à nouveau édité en français. Un monde de bons à rien, de fanfarons et de canailles retrouve ses formes.
Par Rocco Zachéo pour Le Temps du 11 septembre 2010
Lire la suite
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