Belfond Nouveautés Domaine Français Littérature étrangere Le coin des libraires Jeux & concours Foreign rights
Inscrivez vous a nos newsletters
Catalogue numérique
Entretien avec Bruno Heckmann à l'occasion de la sortie de son premier roman, Un footballeur
Mai 2010
A l’occasion de la sortie de son premier roman, Un footballeur, Bruno Heckmann nous parle de son personnage, Antoine Courant, et de son rapport au foot et à l’écriture…


Bruno Heckmann, Un footballeur est votre premier roman, un véritable hommage au foot et à ses adeptes, porté par une écriture jubilatoire en totale adéquation avec la passion du narrateur pour ce sport qui l’obsède. Antoine Courant, c’est vous ?


Disons que nous sommes très proches ! L’idée de ce livre est née de ma propre, et, avouons-le, pathétique expérience dans le monde méconnu du foot corpo… Comme Antoine, je suis un obscur joueur amateur mais, comme lui, malgré les défaites, les mauvais terrains et l’indifférence générale de mon entourage, j’attends avec impatience le match hebdomadaire, qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il vente. Je crois qu’il en va de même pour tous les pratiquants anonymes. Beaucoup pourront se reconnaître dans ce personnage. En un sens, nous sommes tous des Antoine Courant !

La passion a-t-elle été le moteur de l’écriture ?


Bien sûr ! En parlant de foot, je ne partais pas en terrain inconnu. Cela fait quand même trois décennies que nous nous fréquentons intimement… Tout ce vécu, tous ces souvenirs, toutes ces sensations, ces références m’ont fourni une base sur laquelle m’appuyer pour écrire cette histoire. Mais cette passion pour le foot m’a permis d’en assouvir une autre : celle des mots. La langue française est à mes yeux comme le football : un immense terrain de jeu, aux combinaisons infinies, aux potentialités jamais épuisées. J’ai simplement compris très tôt que j’étais moins mauvais un stylo à la main que je ne le suis, hélas, mille fois hélas ! balle au pied.


Vous évoquez justement à la fin de votre texte les questionnements d’Antoine Courant quant à l’écriture d’un roman. Milieu axial dans l’équipe corpo du Conseil général association sportive (CGAS), n’ayant jamais écrit, il décide finalement d’aller s’acheter un carnet Moleskine et une rame de papier, comme tout écrivain qui se respecte. Cela s’est-il passé ainsi pour vous ? Quel était votre rapport à l’écriture avant de vous lancer dans la rédaction d’Un footballeur ? À vous lire, il est clair que ce n’est pas la première fois que vous prenez la plume…

Je suis journaliste, donc l’écriture fait partie de mon quotidien. Pourtant, j’ai mis des années à franchir le pas de la littérature. Je me sentais complètement inhibé. Parce que, écrire un roman, c’est autre chose. Il n’y a pas d’autres règles que celles que l’on s’impose, la liberté de l’auteur y est totale, c’est assez déstabilisant. Il faut trouver son propre style et se convaincre sans cesse que l’on peut mener un projet à terme. Cela peut paraître absurde, mais j’ai longtemps pensé que vouloir écrire un roman était follement présomptueux. Et puis, un jour, le déclic s’est fait. Dans ses fameux Dix conseils aux jeunes écrivains, Hemingway disait notamment : « Ne cherchez pas à vous expliquer ; écoutez votre bon plaisir. » A partir du moment où je n’ai plus pensé à écrire pour plaire à un hypothétique éditeur ou cherché à imiter simplement des auteurs que j’admire, les choses ont été beaucoup plus faciles.


Bruno Heckmann - Un footballeur

Un footballeur est une comédie entraînante reposant sur un sens inné de la formule. Pourtant, si un amour profond du foot imprègne chaque geste, chaque rêverie et chaque événement de la vie d’Antoine Courant, votre texte opère toujours un pas de côté, la dérision pointant constamment le ridicule ou l’emphase de tel ou tel match ou de telle ou telle situation. Ainsi, le regard que portent les femmes sur ces hommes passionnés de foot n’est pas sans saveur… Pouvez-vous nous parler de leur place dans votre livre ?

Le manuscrit achevé, je me suis rendu compte qu’il y était effectivement beaucoup question des femmes, ce qui n’était pas du tout prévu au départ ! Fondamentalement, il y a des choses mille fois plus importantes dans la vie que le foot. Pourtant, il agit comme une drogue pour de nombreux hommes. C’est le sens de la citation de Pierre-Louis Rey placée en exergue du livre : « Le football... Etrange ballet tissé par les obscurs désirs du sexe masculin. » En m’interrogeant sur les raisons de cette addiction, qui tiennent pour beaucoup à l’enfance, je me suis retrouvé à parler des femmes, qu’elles soient mères ou épouses de footeux amateurs. La majorité regardent le plus souvent cette passion au mieux avec indifférence, au pire avec consternation. La mère et la femme d’Antoine ne comprennent pas son obstination à continuer à taper dans un ballon, elles s’en moquent ou s’en plaignent à l’occasion mais, au final, elles font preuve d’une extrême bienveillance à son égard. Je crois qu’il en est souvent ainsi dans la réalité. Même si j’ai exagéré certains traits, parce que ce décalage entre l’incompréhension féminine et l’approche très « nez dans le gazon » des hommes est, d’un strict point de vue narratif, une source inépuisable de situations burlesques !

Vous comparez souvent les faits et gestes des footballeurs corpo à ceux des grands hommes de l’Histoire, ou les matchs aux grandes batailles. On sent chez vous un véritable goût pour l’histoire de France. Pourquoi avez-vous choisi de mettre en relation événements historiques et football ?

Parce que l’histoire est effectivement un domaine qui me passionne, mais aussi parce qu’un match de foot se prête idéalement à la métaphore guerrière. Deux équipes se font face, chacune doit enfoncer l’autre pour marquer un but. Le commentaire sportif emprunte d’ailleurs beaucoup au vocabulaire militaire : « un missile en pleine lucarne », « fusiller le gardien », « faire le siège de la défense »… Et puis, là aussi, convoquer le lyrisme, voire l’emphase, d’une certaine littérature guerrière pour décrire un pauvre match de foot amateur crée un effet des plus comique. Je me suis par exemple amusé à reprendre quelques vers de Victor Hugo racontant la bataille de Waterloo dans Les Châtiments. Puisse-t-il me pardonner !

Vous maniez la comédie avec beaucoup d’adresse ; vous y êtes comme un poisson dans l’eau. Est-ce un genre que vous avez envie de continuer à pratiquer ?

Il me semble difficile d’écrire un texte totalement dépourvu d’humour, de second degré, de jeux de mots, tant ils s’imposent naturellement, presque malgré moi. Voudrais-je faire dans l’esprit de sérieux que ça sonnerait faux…
Suivez Belfond
A propos de Belfond
Qui sommes-nous ? Contacts Droits étrangers Mentions légales et crédits
Suivez Belfond :
Nos sites web d'auteur
Harlan Coben Douglas Kennedy Sophie Kinsella Colum McCann Khaled Hosseini C.J. Sansom Shalom Auslander Françoise Bourdin
Nos auteurs sur 
Harlan Coben Douglas Kennedy Sophie Kinsella Haruki Murakami Françoise Bourdin
Nos applications mobiles auteur
Harlan Coben Douglas Kennedy
Nos sites de collection
Belfond Noir L'esprit d'ouverture Mille comédies
Les autres sites Place des éditeurs 
LITTÉRATURE
Presses de la cité
Danielle Steel (site web)
Danielle Steel (blog)
Elizabeth George
Wilbur Smith
Raymond Khoury
Ishmael Beah
Omnibus
PRATIQUE, ILLUSTRÉ, DOCUMENTS
Solar
Hors Collection
Le pré aux clercs
Acropole
TOURISME
Lonely planet
Guides France
Cheap and Chic
JEUNESSE
Hemma
Langue aux chats
© Belfond 2012 - Plan du site - Retour haut de page