- Theresa Révay, quelle place occupe l'écriture dans votre vie ?
Une place essentielle. L'écriture, c'est mon équilibre. Ma respiration.
- La louve blanche et Tous les rêves du monde offrent une fresque historique très fouillée. Je trouve particulièrement intéressante la façon que vous avez eue de traiter la culpabilité d'après-guerre. Pourquoi le XXe siècle vous passionne-t-il autant ?
Selon moi, le XXe siècle est celui de toutes les ruptures. Les progrès techniques, les bouleversements économiques et politiques, la quête artistique, l'émancipation féminine, les deux guerres mondiales dévastatrices qui ont profondément modifié non seulement la carte de l'Europe, mais aussi les notions de valeurs humaines, créent un arrière-plan captivant pour un romancier. J'aime faire évoluer mes personnages dans un décor aussi intense.
- L'histoire d'amour entre Max et Xénia est tumultueuse, compliquée. C'est un ressort dramatique qui vous inspire particulièrement ?
Comme chacun sait, " il n'y a pas d'amours heureuses " ! Le romanesque appelle des caractères bien trempés, avec des destins tourmentés. Ce sont là des éléments indispensables pour donner du souffle à une histoire divertissante.
- Plus prosaïquement, combien de temps nécessite pour vous l'écriture d'un roman ?Il me faut environ deux ans pour écrire un livre. Je passe beaucoup de temps à travailler ma documentation historique, avant de me mettre à la narration.
- Vous êtes traduite dans plusieurs pays. En quoi cela compte-t-il d'être ainsi à cheval sur différentes cultures ?
Écrire est un partage d'émotions. C'est un privilège d'être traduite dans plusieurs langues, puisque cela me permet de toucher des lecteurs qui possèdent une autre vision historique des époques dont je parle. Si l'émotion demeure la même, les observations sur ces événements diffèrent. Les lecteurs s'intéressent à d'autres pans de mes romans. À chaque fois, le regard des uns et des autres est enrichissant.
- Enfin, accepteriez-vous de nous dire de quel pan de l'histoire votre prochain roman sera inspiré ?
Je m'intéresse en ce moment aux fissures psychologiques et politiques autour de 1900 qui préparent le traumatisme de la guerre de 14-18, celle qui scellera la fin d'un monde.